kerivallan


rénovation d’une longère XVIIIe

Présentation du projet

Typologie : Maison individuelle
Lieu : Erdeven, Morbihan
Année : 2024 –
Surface : 220,00 m2
Durée du chantier : en cours
Montant des travaux : sur demande


Située au lieu-dit Kerivallan, à Erdeven, cette longère du XVIIIᵉ siècle s’inscrit au cœur d’une vaste parcelle paysagère, organisée autour de deux jardins au nord et au sud.

Au-delà de son caractère patrimonial, le bâtiment présentait de nombreux désordres affectant à la fois le confort des occupants et la pérennité de l’ouvrage : présence d’eau sous le dallage, remontées capillaires, développement de moisissures, défauts de calfeutrement, infiltrations en toiture et déformations structurelles des planchers. Le projet s’appuie ainsi sur une rénovation lourde, associant reprise structurelle, assainissement du bâti et amélioration globale de ses performances thermiques et hygrométriques.

Malgré la qualité de son environnement, la maison entretenait peu de relations avec ses extérieurs. Les seules ouvertures sur la façade sud tandis que la façade nord, presque entièrement aveugle, ne permettaient pas un apport lumineux suffisant et interrompait toute continuité entre les deux jardins.

Le projet cherche à rétablir ce dialogue avec le paysage en créant de nouvelles ouvertures, cadrées en fonction des usages, des orientations et des vues. Elles favorisent des apports de lumière directs ou indirects et permettent de reconnecter, visuellement comme physiquement, les jardins situés de part et d’autre de la longère.

Au rez-de-chaussée, la composition exploite la longitudinalité caractéristique du bâtiment. Le projet développe une succession d’espaces traversants, structurés par des perspectives continues et des axes de circulation parcourant la maison de bout en bout. Les pièces de vie s’articulent autour des ouvertures et des relations qu’elles entretiennent avec le jardin. Les espaces ne sont plus conçus comme une juxtaposition de pièces closes, mais comme une séquence de volumes reliés entre eux, laissant circuler les regards, la lumière et les usages.

Le plancher existant de l’étage, fortement déformé, est entièrement remplacé par un plancher à voûtains de briques. Ce dispositif permet de réduire l’épaisseur visuelle de la structure et d’améliorer la perception de la hauteur sous plafond du rez-de-chaussée, contrainte par le niveau relativement bas de la construction.

La géométrie des voûtains introduit une expression nouvelle dans l’architecture intérieure. Leur rythme et leur courbure animent le plafond, déforment subtilement la perception du volume et atténuent la sensation d’écrasement. Cet élément constructif devient ainsi une composante majeure de l’écriture architecturale du projet, à la rencontre d’une technique traditionnelle et d’une esthétique contemporaine.

La rénovation privilégie enfin l’emploi de matériaux naturels, perspirants et biosourcés, compatibles avec le fonctionnement hygrométrique du bâti ancien. Les murs sont isolés à l’aide d’un complexe chaux-chanvre et reçoivent des enduits à l’argile. La pierre et la terre cuite sont employées pour les sols, tandis que les combles sont isolés à l’aide d’un mélange de fibres de coton, de lin et de chanvre.

À travers cette intervention, le projet ne cherche pas à restituer artificiellement un état ancien, mais à retrouver les qualités fondamentales de la longère : son épaisseur, sa matérialité, sa relation au sol et sa capacité à organiser des espaces généreux dans un volume simple. L’architecture existante est réparée et transformée afin d’accueillir de nouveaux usages, tout en construisant un dialogue renouvelé entre patrimoine, lumière, matière et paysage.